Les mouvements américains au Venezuela ont surpris tout le monde, mais ils deviennent logiques dès qu’on les replace dans une stratégie globale de hiérarchisation des menaces et de gestion du temps.
Chine au centre du jeu
🔹 L’adversaire prioritaire de Washington aujourd’hui, c’est la Chine, bien plus que la Russie, l’Iran ou le Venezuela.
🔹 Pékin est la seule puissance capable de disputer en même temps la suprématie économique, technologique, industrielle et militaire des États-Unis, ce qui impose de lire toutes les grandes décisions américaines à travers ce prisme.
L’énergie comme vulnérabilité chinoise
🔹 La Chine est fortement dépendante de ses importations de pétrole, dont une part significative vient de pays sanctionnés ou en tension avec Washington, notamment l’Iran, le Venezuela et la Russie.[5][6]
🔹 L’objectif américain n’est pas de couper le robinet, mais de rendre cet approvisionnement plus incertain, plus risqué et plus coûteux, de façon à compliquer la planification stratégique chinoise.
Rôle de l’Iran et du Venezuela
🔹 L’Iran et le Venezuela fournissent une part importante de brut à la Chine, souvent à prix cassés, via des circuits opaques ou contournant les sanctions.
🔹 En normalisant, influençant ou encadrant politiquement ces pays, même partiellement, Washington se dote d’un levier indirect sur une partie du pétrole chinois : ce n’est pas un interrupteur On/Off, mais une pression marginale qui pèse dans un scénario de confrontation.
Le coup tactique de Trump
🔹 Dans ce cadre, l’initiative de Trump au Venezuela est un coup tactique peu coûteux, au ratio risque/rendement très favorable pour les États-Unis.
🔹 Ce n’est pas un verrou stratégique définitif, mais un moyen de gagner du temps, exactement ce que cherche Washington dans la phase de compétition de long terme avec Pékin.
Amérique latine et présence chinoise
🔹 En Amérique latine, la Chine est déjà profondément implantée via le commerce, les infrastructures, les matières premières et le crédit, tout en évitant autant que possible les coûts sécuritaires.
🔹 Le continent devient plus multipolaire et pragmatique, ce qui permet à Pékin de s’insérer dans les interstices du système et de devenir économiquement indispensable sans pour autant dominer politiquement la région.
Pourquoi chercher à geler l’Ukraine ?
🔹 La Russie est reléguée au rang de puissance régionale affaiblie, dépendante et sous fortes contraintes, ce qui en fait une priorité secondaire derrière la Chine.
🔹 Une guerre prolongée en Ukraine entretient une prime de risque sur l’énergie, nourrit l’inflation mondiale, fragilise l’Europe et complique la politique monétaire américaine, autant de facteurs que Washington veut neutraliser avant un affrontement de long terme avec Pékin ; d’où l’intérêt pour une paix négociée ou un gel du conflit, non pour aider Moscou mais pour dégager de la bande passante stratégique.
Nous n’en sommes qu’aux premiers coups de la partie d’échecs géopolitique.
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