La PoW simplement mais sans raccourci
Un mineur, dans Bitcoin, produit un bloc en construisant son en-tête (block header). Cet en-tête contient notamment le hash du bloc précédent, la racine Merkle des transactions, un horodatage, un paramètre de difficulté (bits) et un nonce. Le mineur applique ensuite la fonction SHA-256 (algorythme simple -20min sur papier-) deux fois sur cet en-tête. Le résultat est une valeur de 256 bits, qui peut être interprétée comme un entier compris dans un intervalle fini : de 0 jusqu’à 2²⁵⁶ − 1.
La règle de consensus est la suivante : cet entier doit être inférieur ou égal à une valeur seuil appelée la cible (target). Cela signifie que les valeurs acceptables ne sont pas dispersées arbitrairement, mais qu’elles appartiennent toutes à un intervalle continu qui commence à 0 et s’arrête à la cible. Toute valeur supérieure à cette cible est invalide. Ainsi, la condition impose que le résultat du hash se situe dans la partie basse de l’espace numérique possible, et plus la cible est petite, plus cet intervalle valide est réduit.
Cette cible est déterminée par la difficulté du réseau. Lorsque la difficulté augmente, la cible diminue. Mathématiquement, cela ne change pas la taille totale de l’espace des hashes possibles (qui reste toujours exactement 2²⁵⁶ valeurs), mais cela réduit la proportion de valeurs acceptables, car la zone valide correspond uniquement aux entiers entre 0 et target. Comme SHA-256 se comporte de manière pseudo-aléatoire, chaque tentative produit une valeur uniformément distribuée dans cet espace. La probabilité de succès d’une tentative est donc approximativement égale à target / 2²⁵⁶.
Le protocole ne mesure pas le nombre réel de tentatives effectuées par le mineur. À la place, il associe à chaque bloc une quantité appelée travail attendu (expected work), qui correspond au nombre moyen de hashes qu’il faudrait calculer avant d’obtenir un résultat dans l’intervalle valide. Plus la cible est petite, plus la probabilité de succès est faible, et plus le travail attendu associé à ce bloc est élevé. Cette quantité dépend uniquement de la difficulté encodée dans le bloc, et non du comportement réel du mineur.
Le cumul de preuve de travail consiste alors en une addition arithmétique : chaque bloc valide apporte une quantité de travail attendu déterminée par sa cible, et cette quantité s’ajoute à toutes celles des blocs précédents. Comme chaque bloc référence explicitement le bloc antérieur, une chaîne complète correspond à une séquence continue de contributions de travail attendu depuis le bloc Genesis. La preuve de travail cumulée (chainwork) est donc la somme du travail attendu de tous les blocs qui composent une branche donnée.
Enfin, lorsqu’il existe plusieurs branches concurrentes (forks temporaires), les nœuds Bitcoin ne sélectionnent pas la branche ayant simplement le plus grand nombre de blocs, mais celle dont la somme totale de travail attendu est la plus élevée. Ainsi, lorsqu’un mineur produit un nouveau bloc valide, il augmente le cumul global de travail attendu de la branche sur laquelle il mine, ce qui renforce la probabilité que cette branche soit retenue comme chaîne principale par le consensus.
La preuve de travail fournie par un mineur est donc un résultat local vérifiable (un hash dont la valeur numérique appartient à l’intervalle [0, target]), mais la sécurité du système repose sur son accumulation : Bitcoin compare les branches en fonction de la somme du travail attendu total, et non en fonction d’un bloc isolé. Si souhaité, il est possible de prolonger par la définition exacte du chainwork dans Bitcoin Core, calculée en entiers bloc par bloc.
Nicolas Cantu
fancy-wallaby-90@rizful.com
npub18s03...0fuu
Parcours de vingt-cinq ans dans les infrastructures critiques, l’architecture des réseaux, les systèmes distribués et les modèles de résilience. Approche transdisciplinaire et modélisation des systèmes complexes. Bitcoin depuis 2013 entrepreneur depuis 1995 avec 2 exits positives.
Fondateur de 4NK avec une fusion de ces domaines :
* 4nk.network, la souveraineté des des services Web et une suite complète de protocoles décentralisés,
* 4NK Waste & Water avec les infrastructures industrielles autonomes de traitement biologique des déchets organiques.
Positionnement critique vis-à-vis des institutions, recherche de solutions opérables à grande échelle en résiliences aux politiques par une souveraineté des parties prenantes : en engrais, en eau, en chaleur, numérique (identité inclue), contractuelle et monétaire.
je bricole un truc rigolo, un module du projet zapwall mais complémentent détaché pour des travaux ludiques:
Bitcoin Ancrage - Dashboard de Supervision
Depuis quinze ans, l’État français échoue à protéger les données de la Nation. Pire : il continue de centraliser, de collecter, d’identifier, comme si le numérique était un coffre-fort administrable par décret. Or ce modèle est mort, et il est devenu dangereux.
Les fuites institutionnelles se multiplient, les attaques s’industrialisent, et la criminalité franchit désormais le seuil du physique : extorsions, chantages, fermetures d’entreprises, enlèvements ciblés. Dans le même temps, la réponse politique s’obstine à affaiblir les moyens de protection (chiffrement, anonymat, contournement) et à déployer une architecture du soupçon, où l’accès au Web devient conditionnel et traçable.
Cette tribune pose une exigence simple : demander des comptes à l’État, et refonder d’urgence un contrat numérique entre l’État et la Nation. Moins de collecte. Moins de centralisation. Plus de sécurité distribuée. Plus de libertés techniques. Parce qu’un pays ne peut pas survivre longtemps avec un État qui devient un multiplicateur de risques. View article →
Depuis quinze ans, l’État français échoue à protéger les données de la Nation. Pire : il continue de centraliser, de collecter, d’identifier, comme si le numérique était un coffre-fort administrable par décret. Or ce modèle est mort, et il est devenu dangereux.
Les fuites institutionnelles se multiplient, les attaques s’industrialisent, et la criminalité franchit désormais le seuil du physique : extorsions, chantages, fermetures d’entreprises, enlèvements ciblés. Dans le même temps, la réponse politique s’obstine à affaiblir les moyens de protection (chiffrement, anonymat, contournement) et à déployer une architecture du soupçon, où l’accès au Web devient conditionnel et traçable.
Cette tribune pose une exigence simple : demander des comptes à l’État, et refonder d’urgence un contrat numérique entre l’État et la Nation. Moins de collecte. Moins de centralisation. Plus de sécurité distribuée. Plus de libertés techniques. Parce qu’un pays ne peut pas survivre longtemps avec un État qui devient un multiplicateur de risques. View article →
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# Tribune : l’État met la Nation en danger numérique, et exige maintenant sa soumission technique
## L’échec n’autorise pas la prise d’otage
La France est entrée dans une phase paradoxale où l’État, incapable de garantir la sécurité des infrastructures et des données dont il est responsable, prétend compenser cette incapacité par l’extension d’outils de contrôle sur la population.
Cette logique est doublement problématique.
D’une part, elle inverse le principe fondamental de la sécurité : au lieu de réduire l’attaque systémique par la minimisation des données et la décentralisation des risques, elle augmente les surfaces de compromission en créant des mécanismes d’identification et de corrélation massifs.
D’autre part, elle inverse un principe démocratique : au lieu de limiter la surveillance et de renforcer les libertés techniques, elle impose une société où l’accès aux services devient conditionnel à la soumission identitaire.
Le résultat est simple : la Nation n’est pas protégée, elle est exposée. Et l’exposition est aggravée par des politiques publiques qui s’acharnent sur les outils de protection.
## De la lutte contre le crime à l’attaque des communications chiffrées
La mécanique est connue, répétée, documentée :
La justification publique est toujours la même : narcotrafic, terrorisme, pédocriminalité.
L’effet technique, lui, est toujours identique : créer une exception d’accès, donc une vulnérabilité universelle.
Sur le plan cryptographique, il n’existe pas de “porte dérobée réservée aux gentils” :
Si un mécanisme permet à une autorité de déchiffrer, il permet structurellement à d’autres acteurs de le faire, par compromission, abus interne, capture juridique ou attaque technique.
L’histoire récente de la cybersécurité prouve qu’une surface d’accès créée “pour l’ordre” devient tôt ou tard une surface exploitée “contre la société”.
Il faut rappeler ici un principe d’ingénierie :
Un système est sûr lorsqu’il résiste même si l’adversaire est puissant ; il est dangereux lorsqu’il suppose la vertu permanente de ses opérateurs.
Le rejet de cette tentative par l’Assemblée nationale n’efface pas le fait politique majeur : l’intention existe, elle revient, et elle s’inscrit dans un continuum européen.
## La vérification d’âge, ou l’architecture du soupçon appliquée au web entier
La vérification d’âge est présentée comme une mesure de protection des mineurs. Personne de sérieux ne conteste l’objectif moral : protéger l’enfance est une exigence.
Ce qui est contesté, c’est la méthode : une infrastructure de preuve d’identité insérée dans les flux du web.
En France, l’ARCOM a posé un cadre où les sites concernés doivent proposer au moins une solution dite de “double anonymat”, dont la CNIL a rendu un avis.
Le point central n’est pas le discours, mais la propriété systémique :
Un dispositif d’accès conditionnel, même “anonyme”, implique nécessairement :
* des acteurs d’attestation (issuer),
* des validateurs (verifier),
* des logs d’usage (ne serait-ce que techniques),
* et une gestion d’incidents (fraude, contestation, désanonymisation judiciaire).
Autrement dit : un dispositif d’identité, même minimal, est un dispositif de pouvoir.
Extension fonctionnelle : porno → réseaux sociaux → paris sportifs -> tout
La dynamique récente va exactement dans ce sens : la même semaine, le débat s’élargit déjà aux réseaux sociaux et à d’autres services.
Sur les réseaux sociaux, une proposition de loi visant l’interdiction aux moins de 15 ans a été examinée en commission à l’Assemblée nationale en janvier 2026.
Ce basculement confirme une règle empirique des politiques numériques :
Toute infrastructure créée pour un cas jugé “extrême” devient ensuite le socle d’extension à des usages ordinaires.
Ce n’est pas une dérive accidentelle. C’est la finalité implicite : si l’infrastructure existe, elle sera rentabilisée politiquement.
## La contradiction cryptographique du “double anonymat” et le piège européen
Le “double anonymat” repose sur l’idée qu’aucun acteur ne peut relier identité et site consulté.
Mais dès que l’on considère le web réel, cette promesse devient fragile pour cinq raisons structurelles :
Corrélation réseau inévitable
Même sans identité dans la preuve, restent :
* adresse IP,
* horodatage,
* empreinte navigateur,
* modèle de requêtes.
Ces métadonnées suffisent à relier des sessions, surtout quand le service consulté est rare ou stigmatisant.
Un anonymat brisé par l’usage spécialisé
Un jeton “anonyme” utilisé essentiellement pour accéder à des services sensibles devient une signature comportementale : c’est l’opposé de “l’anonymat par la foule”.
Centralisation de la révocation et du contrôle
Un dispositif conforme au droit implique révocation, audit, preuves de conformité, donc capacité d’invalidation centralisée.
C’est l’architecture inverse de la robustesse démocratique : l’accès devient un privilège technique.
Capture par les logiques eIDAS 2.0
Au niveau européen, la trajectoire est déjà posée : la Commission travaille à des solutions d’âge, au croisement du DSA et du portefeuille d’identité numérique.
Même lorsque des mécanismes cryptographiques avancés sont évoqués, l’enjeu reste le même : gouvernance, souveraineté, non-corrélation, pas seulement mathématiques.
Dépendance structurelle et souveraineté illusoire
L’argument “l’Europe va le faire proprement” se heurte à une réalité : les infrastructures numériques européennes sont largement dépendantes, et la France elle-même est déjà structurellement exposée par les fuites, la sous-traitance et la centralisation.
## L’État affaiblit la sécurité nationale en attaquant les moyens de protection
L’élément le plus grave de la période actuelle est la dissonance suivante :
L’État et certains lobbys exigent davantage d’identification et de contrôle,
tout en rendant suspectes les technologies de protection (VPN, chiffrement, anonymisation).
Ce mécanisme produit une asymétrie violente :
Les acteurs criminels sérieux disposent déjà de moyens privés, de circuits, de compétences, de matériel.
Les citoyens ordinaires, eux, se retrouvent privés de protections de base, et exposés à des risques qui n’étaient pas les leurs.
On l’observe déjà dans les réactions sociales :
Des sites préfèrent restreindre l’accès plutôt que déployer l’infrastructure exigée (car juridiquement et techniquement dangereuse).
Les utilisateurs augmentent l’usage de VPN et de contournements, révélant une défiance et une adaptation rationnelle.
Ce fait sociotechnique est majeur :
Quand une population se met massivement à contourner, ce n’est pas un problème moral. C’est un signal d’hostilité du système envers ses propres citoyens.
## Mise en danger de la Nation par accumulation de données sensibles
Toute politique de contrôle par preuve d’âge et identité d’usage produit mécaniquement une augmentation du stock de données sensibles :
Identité + accès à contenus intimes,
Identité + habitudes,
Identité + fréquence,
Identité + corrélations.
Or ce stock est la matière première de :
chantage,
extorsion,
doxing,
ciblage,
enlèvements,
pressions.
Là réside le point critique : une fuite n’est plus seulement un “incident”, elle devient un outil d’agression.
Même les médias grand public rappellent désormais qu’une fuite de données entraîne rapidement piratages, arnaques et escalades, tant la revente d’identifiants est industrialisée.
Le danger n’est donc pas théorique. Il est systémique.
## Ce que la Nation doit exiger immédiatement
La situation n’appelle pas une pétition morale, mais un changement de contrat politique.
Principe de minimisation obligatoire
Aucune architecture publique ne devrait pouvoir créer un lien durable entre :
identité civile
et usages privés.
Ce lien doit devenir illégal par défaut, sauf cas juridictionnel strict, ciblé, et contradictoire.
Principe d’interdiction des dispositifs de corrélation
Un contrôle d’accès ne doit jamais devenir un capteur de comportements.
Or toute vérification interactive, centralisée, loggable, devient un capteur.
Principe de neutralité technique
Le VPN, le chiffrement, l’anonymisation ne sont pas des “soupçons”.
Ils doivent être protégés comme outils d’autodéfense numérique.
Principe d’évaluation d’impact publique et indépendante
Tout dispositif de vérification d’âge, d’identité, ou d’accès conditionnel doit être précédé de :
modèle de menace public,
audit cryptographique public,
évaluation d’impact sociologique,
et étude d’incidence sur la sécurité globale.
Principe de séparation stricte entre État et identité d’usage
L’État ne peut pas être simultanément :
le fournisseur d’identité,
le régulateur,
le collecteur de traces,
et l’autorité de désanonymisation.
Un système qui concentre ces rôles est une architecture autoritaire par construction, même si ses intentions sont proclamées vertueuses.
Conclusion : la République ne peut pas survivre à l’industrialisation du soupçon
Le point essentiel est celui-ci :
L’État prétend protéger les mineurs et lutter contre le crime,
mais il produit une infrastructure qui expose toute la Nation au risque maximal : la corrélation identitaire à grande échelle.
Dans une société où les données circulent déjà sur les marchés criminels, où les fuites se multiplient, où les attaques deviennent physiques, la réponse ne peut pas être plus de collecte, plus de centralisation, plus de mécanismes d’ouverture.
La réponse doit être exactement inverse :
moins de données,
moins d’identification,
moins de centralisation,
plus d’outils de protection accessibles,
plus de neutralité du réseau,
plus de responsabilité de l’État sur ses propres échecs.
Ce n’est pas une querelle technique. C’est un enjeu de sécurité nationale et de stabilité démocratique.
Si l’État continue à exiger la soumission identitaire numérique en compensant son incapacité par le contrôle, alors il ne protège plus la Nation : il la fragilise, et il l’expose.
Un complot, mais pas trop :
La régulation "crypto" n'est pas le sujet de Bitcoin, c'est le sujet des banques pour elles même et elles s'en moquent totalement des cryptos.
La petite histoire remarquée dès les consultations de la loi Pacte, sous l'influence de l'OCDE à Paris, sous l'influence du GAFI, sous l'influence de JP Morgan était déjà un sketche pour s'écrire leur petit régime d'exceptions légales tel que présenté par Blythe Masters (inventrice des subprime) en 2014 aux patrons de banques à New York City avec l'invention du marketing de "la blockchain". Ensuite que ce soit R3 ou d'autres protocoles bancaires, tous ont été dirigés par ceux qui étaient en charge de faire le ménage des produits toxiques de leur banque en 2008.
Aujourd'hui ils ont réussi en Europe avec Mica et ils iront encore plus loin avec l'Euro numérique pour effacer totalement les limites de 2028, banque d'investissement, banques commerciales et même banques centrales, tout politique, rien économique.
D'ailleurs ce tout politique pour qu'un monde de copains décident de tout sur la monnaie et sur votre propriété, intéresse au plus haut point les quelques oligarques qui pensent pouvoir imposer leurs idéologies (investissements) au monde ou au moins à l'Europe. L'Europe de Soros est à nouveau en 1ère cible, avec un contrôle de la monnaie sous prétexte environnemental pour obliger les comportements à suivre ces investissements (ENR allemand). Ainsi l'Open Society Foundations qui finance le think tank d'Aurore Laluck Institut Veblen en collaboration avec la fondation Heinrich-Böll-Stiftung (HBS) basée en Allemagne, fondation politique affiliée au parti des Verts allemands très opposé au TTIP / CETA et des journaux qui publient de façon synchronisée des articles contre Bitcoin quand on en parle dans l'assemblée comme un levier pour le nucléaire (Nastasia Hadjadji dans AOC, en meme temps que Abdelhak El Idrissi et Spencer Woodman du Center for Public Integrity (CPI)).
Un joli petit projet que l'on tente aux Caraïbes entre méthanisation de boues de stations d'épuration et de sargasse; pas si ragoutant les éco lodges :D


4NK : rendre accessible à tous une résilience globale
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Allez je prend le petit projet // :)
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# Ressources stratégiques, souveraineté et réalisme géopolitique : le cas vénézuélien
## Résumé
Je ne suis pas expert, il faut prendre mon analyse comme un témoignage contemporain.
Voici donc mon analyse personnelle sur le cas vénézuélien à l’intersection de l’économie politique des ressources naturelles, du réalisme en relations internationales et de l’évolution contemporaine de la légitimité étatique. Il soutient que la perte partielle de souveraineté formelle sur les ressources peut constituer un compromis rationnel pour réduire la violence structurelle, restaurer des capacités fonctionnelles de l’État et réinsérer un pays dans des équilibres géopolitiques stabilisateurs. Le Venezuela est examiné comme une illustration contemporaine du socialisme rentier, des logiques de puissance duale liées aux ressources énergétiques et de la recomposition des arbitrages entre peuples, États et marchés.
## Le Venezuela et la trajectoire du socialisme rentier
Le cas vénézuélien s’inscrit dans une longue série d’expériences de socialisme rentier fondées sur la captation et la redistribution politique d’une rente d’hydrocarbures. Terry Lynn Karl a montré, dans *The Paradox of Plenty*, que l’abondance de ressources naturelles tend à affaiblir les institutions, à rigidifier les coalitions politiques et à accroître la vulnérabilité macroéconomique. Les travaux plus récents de Francisco Rodríguez et Ricardo Hausmann confirment que la crise vénézuélienne ne résulte pas d’un choc exogène isolé, mais d’un enchaînement endogène de désincitations productives, de destruction du capital humain et d’effondrement de la gouvernance.
Dans ce cadre, la souveraineté nationale sur la ressource a fonctionné moins comme un levier d’émancipation collective que comme un mécanisme de verrouillage politique, accentuant la violence structurelle, la pénurie et l’exil massif des populations. L’argument central n’est donc pas la perte abstraite de souveraineté, mais l’incapacité de cette souveraineté à produire de la sécurité et des biens publics élémentaires.
## Souveraineté, sécurité et hiérarchie institutionnelle
L’idée selon laquelle la perte de souveraineté formelle sur une ressource peut constituer un prix acceptable pour réduire la violence structurelle rejoint les analyses de Daron Acemoglu et James A. Robinson. Dans leur hiérarchisation implicite, la sécurité physique et l’existence d’institutions inclusives fonctionnelles précèdent le contrôle national des actifs stratégiques. Lorsque l’État échoue à garantir l’ordre minimal et la prévisibilité, la souveraineté devient nominale et non opérante.
Dans cette perspective, l’externalisation partielle du contrôle des ressources peut être interprétée non comme une dépossession, mais comme un mécanisme transitoire de reconstruction institutionnelle. Pour les populations, l’arbitrage se fait moins entre indépendance et dépendance qu’entre violence chronique et stabilité relative.
## Le positionnement américain : un réalisme assumé
Le positionnement des États-Unis s’inscrit clairement dans la tradition réaliste des relations internationales, telle que formulée par Hans Morgenthau et systématisée par Kenneth Waltz. L’incapacité américaine à tolérer un contrôle chinois sur des ressources énergétiques stratégiques critiques correspond précisément à ce que John Mearsheimer décrit comme un comportement rationnel des grandes puissances dans un système international anarchique.
Dans ce cadre, la reconquête ou la sécurisation des ressources n’est ni idéologique ni morale, mais instrumentale. Elle vise à réduire la vulnérabilité stratégique, à maintenir des marges de manœuvre monétaires et à prévenir l’émergence de dépendances asymétriques irréversibles.
## Le pétrodollar et la puissance duale des ressources
Le pétrodollar, institutionnalisé après 1974 par les accords américano-saoudiens, avait pour fonction fondamentale d’arrimer la stabilité monétaire mondiale à la sécurité énergétique. Cette architecture illustre ce que Susan Strange a conceptualisé comme le « dual-use power » : les mêmes leviers permettent à la fois la nuisance et la stabilisation.
Les zones où l’approvisionnement stratégique est clair, contractuel et protégé tendent empiriquement à présenter moins de conflits ouverts. À l’inverse, l’ambiguïté institutionnelle et la contestation permanente de la propriété des ressources accroissent l’incertitude et la violence.
## La Chine et la stratégie de distance active
La posture chinoise apparaît plus distante mais s’inscrit dans une stratégie de long terme analysée par Barry Naughton et Odd Arne Westad. La Chine privilégie l’accès contractuel, l’endettement infrastructurel et la diversification géographique plutôt que l’intervention directe ou la sécurisation militaire explicite.
Cette « distance active » limite les coûts politiques immédiats et réduit l’exposition aux conflits locaux, tout en maintenant une présence économique diffuse. Elle contraste avec l’approche américaine plus offensive, sans pour autant constituer une alternative normative : il s’agit de deux variantes réalistes d’optimisation de la puissance.
## Indifférence politique et légitimité fonctionnelle
L’indifférence croissante des peuples aux labels idéologiques est largement documentée par les enquêtes longitudinales telles que le *World Values Survey* et l’*European Social Survey*. Elle correspond à une dissociation croissante entre légitimité symbolique et performance fonctionnelle.
Max Weber distinguait les légitimités charismatique, traditionnelle et rationnelle-légale. Dans les sociétés contemporaines, seule cette dernière conserve une efficacité mesurable, et uniquement sous condition de résultats tangibles. Les travaux de Pierre Rosanvallon sur la « contre-démocratie » et de Colin Crouch sur la « post-démocratie » montrent que les États sont de plus en plus évalués comme des prestataires de services.
La réduction de la présence étatique est perçue positivement lorsqu’elle diminue la friction administrative et coercitive sans accroître l’insécurité. Peu importe alors l’origine nationale ou idéologique du pouvoir, pourvu que la vie quotidienne redevienne prévisible.
## Institutions internationales et arbitrage par le marché
Les limites des institutions internationales sont largement documentées. Leur efficacité dépend du degré d’alignement des intérêts des acteurs dominants. Lorsque cet alignement disparaît, ces institutions deviennent performatives mais non opérantes, comme l’a montré l’expérience de la Société des Nations dans les années 1930, puis plus récemment certaines impasses de l’ONU face aux conflits asymétriques.
Dans ce contexte, le marché joue un rôle d’arbitre indirect à travers les choix agrégés des populations et des acteurs économiques. Toutefois, la littérature souligne ses limites structurelles : asymétries d’information, capture oligopolistique, externalités non internalisées. Il s’agit donc d’un mécanisme de stabilisation relative, et non d’un garant absolu de la paix.
## Conclusion : équilibres d’intérêts et stabilisation relative
Le cas vénézuélien illustre une recomposition plus large des rapports entre souveraineté, ressources et légitimité. Pour les populations, le critère central n’est plus l’orthodoxie idéologique, mais la capacité à réduire la violence, à restaurer des libertés minimales et à recréer des perspectives de survie économique.
Sur le plan international, la paix apparaît moins comme le produit d’institutions universelles que comme le résultat d’équilibres d’intérêts — des équilibres de Nash instables mais opérants — combinant coopération et compétition. Les États incapables de produire du sens fonctionnel et de la sécurité tendent à être contournés, absorbés ou reconfigurés, souvent pour le bénéfice différé des populations qu’ils n’étaient plus en mesure de protéger.
Dans cette optique, Bitcoin, non national et neutre entre les pays, a toutes les caractéristiques, et c'est le seul médium, pour opérer ce monde en transition, sur fond d'ère post numérique, post énergétique.
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